Julie Janczewski – Une jeune femme de feu et d’eau

Julie Janczewski – Une jeune femme de feu et d’eau

08 octobre 2025
Cédric Masip

Julie Janczewski – Une jeune femme de feu et d’eau qui a vaincu la Manche.

Dans la nuit noire du 29 au 30 septembre, quelque part entre Douvres et le cap Gris-Nez, une lumière dansait sur l’eau froide.

Ce n’était pas celle d’un phare, mais celle d’une jeune Arlésienne de 21 ans, seule dans la mer du Nord, traçant son sillage vers la France.

Après près de dix heures de nage continue, Julie Janczewski a relié l’Angleterre à la France à la seule force de ses bras.

Un exploit rarissime pour cette sapeur-pompier volontaire, passionnée d’endurance et guidée par un mental d’acier.

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Julie Janczewski
Photo DR

Julie Janczewski – De la synchro à l’endurance – Le virage d’une vie

Rien ne destinait Julie à devenir nageuse d’ultra-distance.

Adolescente, elle pratiquait la natation synchronisée, discipline exigeante mais chorégraphiée, bien loin des courants imprévisibles de la Manche.

Le déclic est venu à 17 ans, lorsqu’elle obtient son BNSSA – brevet de secourisme aquatique – pour travailler sur les plages.

« C’est en surveillant la mer que j’ai commencé à la comprendre », confie-t-elle.

De fil en eau, la nage loisir devient passion, puis quête intérieure.

Sapeur-pompier volontaire à la caserne d’Arles, Julie jongle entre les gardes de nuit, les entraînements en eau libre et les études.

Ses étés passés à veiller les baigneurs lui donnent le goût de l’effort et de la résistance. L’endurance devient une école de caractère.

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Traverser la Manche – L’Everest des nageurs

La Manche n’a rien d’une simple traversée. C’est l’un des défis les plus durs de la natation mondiale : 34 kilomètres à vol d’oiseau, mais souvent plus de 40 avec les courants.

L’eau y frôle les 16 à 18 °C, les vents changent sans prévenir, et les méduses s’invitent parfois à la fête.

Julie s’y est préparée pendant trois ans. Après un premier report, puis un échec en juin dernier à cause des conditions, elle décide de retenter sa chance à l’automne.

Cette fois, tout s’aligne : météo favorable, marée propice, esprit apaisé.

Le 30 septembre à 2 h 13 du matin, elle se jette dans la mer depuis la côte anglaise, encadrée par un bateau suiveur chargé d’assurer sa sécurité.

Neuf heures et cinquante et une minutes plus tard, elle touche le rivage français.

« Je pensais mettre quinze heures, j’étais prête à tout. Quand j’ai compris que j’allais y arriver, j’ai pleuré dans l’eau », raconte-t-elle.

Julie Janczewski
Justine Janczewski au cours de sa traversée de la Manche. © Justine Janczewski

La peur, la douleur… et la lumière

La traversée n’a pourtant rien d’un long fleuve tranquille. Dans la nuit, les projecteurs du bateau l’éblouissent, les vagues la désorientent.

« Je touchais des choses dans l’eau que je préférais ne pas identifier », dit-elle en riant.

À mi-parcours, une infiltration d’eau dans ses lunettes lui brûle les yeux : elle nagera presque à l’aveugle jusqu’à la côte.

À deux kilomètres de l’arrivée, la peur revient. Le courant la repousse, les bras sont lourds, les repères s’effacent.

« Je voyais la côte, mais je n’avançais plus. J’étais terrorisée à l’idée que le pilote m’arrête, comme la dernière fois. »

Mais alors qu’elle s’accroche à chaque mouvement, des silhouettes apparaissent : des pompiers venus de Calais pour l’accompagner dans les derniers mètres.

Julie touche enfin le sable. Le rêve de trois ans devient réalité.

Julie Janczewski
Julie Janczewski (à droite) et sa mère – Photo DR

Julie Janczewski – Une aventure humaine

À l’arrivée, sa mère l’attend, trempée de larmes et de fierté. « C’est elle ma boussole, ma force, mes yeux quand je ne vois plus rien », confie Julie.

Le lendemain, encore courbaturée, elle réalise à peine la portée de son exploit.

Au-delà de la performance sportive, la jeune femme veut donner un sens à ses défis.

Chaque traversée soutient une cause caritative, souvent liée au secours en mer ou à la prévention des noyades.

« Je veux montrer que la discipline, la solidarité et le courage sont des valeurs qui se transmettent. »

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Et maintenant, cap sur Manhattan

Le repos sera de courte durée. Déjà, Julie pense à la suite : un tour de Manhattan à la nage, autre épreuve mythique du calendrier mondial.

« Ce n’est pas la gloire que je cherche, c’est l’apprentissage. Chaque défi m’apprend quelque chose sur moi, sur la peur, sur l’endurance. »

De la Camargue à la Manche, la jeune Arlésienne incarne une génération qui ne sépare plus engagement et dépassement.

Une nageuse de feu, qui avance dans l’eau comme d’autres écrivent leur vie : avec courage, patience et un amour infini pour la ligne d’horizon.

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